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Samedi 3 septembre 2005

Depuis quelques années, le cinéma coréen a su trouver son propre style pour devenir à mon avis le meilleur à l’échelle mondiale, devançant même (de peu) le cinéma japonais. Les films coréens les plus médiatisés chez nous sont sans doute ceux de Kim Ki-Duk, sortis tous à la suite il y a de cela une année environ (« Printemps, été, automne, hiver et printemps », « The Isle », « Bad Guy », « The Coast Guard »...), et plus récemment « Locataires ». Les distributeurs français étaient sans doute frileux à ce genre de cinéma, bien particulier il faut le reconnaître. Pourtant, il y a peu de temps, on a vu apparaître sur nos écrans « Old Boy » de Park Chan-Wook, vainqueur du Grand Prix au festival de Cannes 2004, qui démontrait une fois de plus le génie naturel qu’ont les coréens à faire des films marquants.


Malheureusement resté trop inconnu dans nos contrées, « My Sassy Girl » (« Yeopgijeogin geunyeo » en VO) de Kwak Jae-Young, sorti en 2001, a bien fait subir au cinéma coréen un considérable bond en avant. Il serait même très probable que d’ici quelques années, il devienne LE film phare de la pop culture coréenne, une référence incontournable au même titre que sont toujours « Les Bronzés Font du Ski » chez nous. C’est une histoire d’amour entre deux étudiants. Jusque là, rien de bien original me direz-vous, mais ce qui est nouveau, c’est la manière d’aborder cette histoire, son contexte social. Le symbole d’une Corée dont la réussite économique n’est plus à démontrer.


Vêtus de leur ancien uniforme de lycée, la présentation de l'ID est indispensable à l'entrée des clubs, et est prétexte à une mise en scène amusante.


C’est avec une certaine tendresse, une certaine poésie, et un humour toujours très fin (quoique, la première scène du métro...) propres au cinéma asiatique en général, que nos personnages sont mis en scène dans des situations quotidiennes qui ne mériteraient pas un film en Occident. Ce sont justement ces symboles qui en font une sorte de modèle pour les coréens, qui leurs suggèrent une façon de vivre qu’aucun citoyen du pays n’aurait imaginé quelques décennies auparavant. Les terrains de sports, les boîtes de nuit, les restaurants sont autant de lieux où se déroule le film, et principalement le métro, symbole de l’urbanisation, de la liberté de mouvement pas si anciennement acquise pour ces jeunes coréens. Téléphones portables et alcool font aussi l’objet d’une consommation intense.



Il est des moments sujets à de longs fous rires, lorsque l’héroïne, très fantaisiste, imagine des scénarios tous plus loufoques les uns que les autres pour le cinéma. Ces histoires sont réellement mises en scène pour le spectateur, et jouées par nos deux héros, qui se retrouvent pour le coup dans des situations invraisemblables.

La narration, quant à elle, avantage également l’histoire, la rythme et la dynamise, la majorité de l’action constitue un grand flash back qui prend fin au terme du film avec un happy ending qu’on sentait venir, mais qui laisse une certaine euphorie chez le spectateur, alors que les personnages semblaient avoir fait une croix sur leur futur.



Le caractère des personnages, témoin du contexte historique et social actuel, une certaine naïveté, la narration poétique imprègnent le film de son caractère fédérateur pour les futures générations de coréens et de coréennes, et nous offrent, nous autres occidentaux, un inoubliable moment de cinéma, d’une fraîcheur rare.



 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Film de fiction
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Commentaires

bien loin des clichées auquelle on a droit dans toute comedie romantique "my sassy girl" se demarque avant tout a mon sens par la psychologie des personages pour la simple raison que ce que l'on voit a l'ecran est instantanement indentifiable par le spectateur. n'importe qui peut s'identifier aux (anti)heros du film car a bien a y regarder leur relation est "ordinaire" en fin de compte voir meme parfois franchement antipathique.
bien sur cela deja été fait un nombre consequent de fois (notamment dans nombre de production asiatique et occidentale) mais içi le genre "je peux pas trop te voir mais en fait je t'aime" est tres bien equilibre de sorte que l'on se surprend des choix et reactions des personages notamment a la fin du film où la surprise est grande.
ajouté a cela une narration "pas piqué des hanetons" qui donne un bon rythme au film un scenario reserve bien des suprise (+ ou moins bizarre: scene du soldat deserteur ,boite de nuit en uniforme,le retour sous l'arbre reste ma preferée) ainsi qu'une poesie certaine et vous obtiendrez ce petit bijoux de cinema coréen qui ridiculise nombre de comedie romantique occidentale

a savoir qu'apres ce film plusieurs films du meme genre sont sortie en corée surfant sur meme la vague ,mais n'equivalent pas "my sassy girl" et pouvant etre relayé qu'en tant que divertissement visuel tel que:
"my tutor friend" (avec l'actrice de my sassy girl)
"don't believe her"
ou plus recemment "please bug me not"

Commentaire n°1 posté par raph le 07/09/2005 à 23h12
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