
Au début de ce mois d’août, je suis allé voir cette série de six court métrages représentant chacun un quartier de la ville. Le cinéma qui jouait (et joue toujours) le film est justement situé dans le Quartier Latin, décor du premier court, par Jean Douchet. Ce sont deux petites salles d’art et essai, décorées d’une manière bien originale, moulures et tableaux aux murs, ce qui change de la moquette murale noire et triste des cinémas plus récents.

Pour en revenir au film, on y trouve du très bon comme du très mauvais. Celui de Douchet, qui ouvre la danse, a un peu vieilli (ils ont tous été réalisés en 1964), surtout à cause de la voix-off, la sienne, dont la manière de narrer est assez ancrée dans l’époque (sa manière de prononcer « Bentley » est typiquement française !).
Vient ensuite le court de Jean Rouch, se déroulant dans le quartier de la gare du Nord. Un couple, nouveau propriétaire, se dispute à propos de l’acquisition récente de leur appartement, puis fini par se séparer (temporairement ?), quand la femme se rend à pied à son travail et rencontre un homme qui semble être dépourvu de tous les défauts qu’elle reprochait à son mari quelques minutes plus tôt... J’ai trouvé ce film vraiment bon dans la mesure où Rouch parvient à faire ressentir à l’écran l’ambiance morose que dégage le quartier et les sentiments éprouvés par les personnages.
Le troisième court, réalisé par Jean-Daniel Pollet, seul réalisateur de cette série qui m’était inconnu, s’installe rue Saint-Denis, dans l’appartement d’un homme qui a engagé une prostituée. Le film raconte donc, avec beaucoup d’humour, la soirée entre les deux personnages, venus de province, qui évoquent avec nostalgie leur ville respective.
Puis Godard met en scène son histoire, entre Montparnasse et Levallois. Une jeune fille envoie en même temps, par erreur, une lettre à chacun de ses deux amants dans l’enveloppe adressée à l’autre. Elle essaie alors d’intercepter les lettres chez chacun d’entre eux en leur avouant qu’elle voulait rompre avec l’autre... Sans être exceptionnel, ce film est tout de même amusant quant arrive le dénouement de l’histoire.
Et arrive la catastrophe, celle d’Eric Rohmer, qui se déroule place de l’Etoile. Le seul film que j’ai vu de lui est « Le Beau Mariage », dont je parlerais peut-être dans un prochain article, et ne m’a franchement pas donné envie d’en voir d’autre. Celui-ci ne contredit pas ma crainte avec une histoire complètement bidon et des acteurs assez mauvais. Rohmer a même l’audace de mettre en scène un meurtre à coup de parapluie !
Puis le dernier film, de Chabrol, met en scène une famille bourgeoise et plutôt déstructurée du XVIème, dans le quartier de La Muette, à tel point que le fils est contraint de porter des boules Quiès pour ne plus subir les perpétuelles disputes de ses parents. Ce court n’est pas mauvais, mais l’action ne se déroule que dans la maison de famille, et montre donc uniquement la façon qu’ont de vivre ces parisiens, et non le quartier dans lequel ils évoluent.
Le fait d’être allé voir ce film m’a non seulement fait connaître un nouveau réalisateur (Jean-Daniel Pollet), mais surtout le cinéma lui-même qui joue en permanence des classiques de la Nouvelle Vague, et cela, à un prix très raisonnable pour un établissement qui se trouve à Saint-Germain-des-Prés (5,50 € pour les étudiants).
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