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Samedi 27 août 2005


Jeudi dernier, la première chose que j’ai faite en me levant, et que j’attendais depuis longtemps, ce fut courir à la Fnac pour me procurer d’urgence le coffret Rois et Reine sortit le jour même. Dernier film d’Arnaud Desplechin, c’est aussi l’un des meilleurs. Comme d’habitude, Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos sont au rendez-vous, toujours excellents, dans les rôles principaux. Les thèmes abordés au cours du film, récurrents dans l’œuvre de Desplechin, la filiation (ou l’absence de filiation) parentale, la mort également, sont filmés d’une façon magnifique sous un nouveau jour : l’humour est en effet beaucoup plus présent que dans ses films précédent. Les nombreux cuts, au cœur même des séquences, pour rassembler les différentes prises de mêmes plans sont très efficaces, à la fois discrets et dynamisants.
Mais ce qui fait la force de ce film, outre le fait qu’il soit un savant mélange de burlesque et de dramatique, c’est le défilé d’un nombre impressionnant de personnages, tous plus excentriques et plus attachants les uns que les autres. Le film débute sur l’histoire de Nora (Emmanuelle Devos) qui est entrecoupée par des séquences de la vie d’Ismaël, un gentil fou. Sa première apparition nous apprend notamment qu’il « emmerde » ses contrôleurs des impôts, qu’il ne les paiera jamais, juste avant l’irruption de deux infirmiers en psychiatrie venus le chercher après qu’il ait ignoré trois avis de convocation à l’hôpital.




L’un des infirmiers, comme pour justifier sa présence, lui fait part de ce qu’il voit dans l’appartement : « Vous savez la corde avec un nœud coulant qui est accrochée dans le salon avec le tabouret en dessous » et Ismaël de lui répondre « Je suis pas suicidaire, d’accord ? Je comprend, vous voyez la corde, la chaise, donc vous faîtes l’association c’est humain, mais j’ai simplement besoin de savoir que je peux le faire, c’est juste une idée que j’ai besoin d’avoir ; du moment que je l’ai, je le ferais jamais. »



L’ambiance du film est déjà bien installée, et c’est un peu plus tard, lors d’une séance de groupe à l’hôpital, qu’Ismaël fera découvrir les joies du break dance aux autres pensionnaires. Tout cela sans compter les personnages hilarants que sont l’avocat « défoncé » qui n’a aucun scrupule à faire ses courses pour des besoins personnels douteux dans la pharmacie de l’hôpital, ou bien « La Chinoise », étudiante en Sinologie, qui en est à sa cinquième « TS », « des appels au secours », explique-t-elle à Ismaël. « Et alors, il y a quelqu’un qui vient ? » lui demande-t-il. « Pas trop... Mes parents, le Samu...» Je ne parle ici que du côté drôle du film (et encore, en n’en dévoilant qu’une toute petite partie) pour vous laisser découvrir le reste de l’histoire qui l’est moins, mais qui en fait au bout du compte un réel chef-d’œuvre.


Ismaël en train de "breaker"


Hippolyte Girardot, dans le rôle de Maître Mamanne
 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Film de fiction
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