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sur mon blog "Gros Plan", où je m'efforcerais de vous faire part d'une vision différente sur le cinéma d'hier et d'aujourd'hui en vous présentant certains aspects des films que je visionne. N'hésitez pas à faire part de vos commentaires, que vous soyez d'accord ou pas. Bienvenue et bonne lecture !
Mercredi 31 août 2005


La raison pour laquelle j’ai eu envie de voir ce film d’Eric Rohmer est tout simplement parce qu’il a été tourné au Mans, c'est-à-dire chez moi. Au casting, on retrouve Dussollier et Dombasle qui à l’époque, étaient tout jeunes (le film a été réalisé en 1982).

Malheureusement, même en étant objectif, je crois qu’on peut se permettre de dire que le film est très mauvais. A commencer par les acteurs, et principalement le rôle principal de Sabine, tenu par Béatrice Romand. Non seulement elle n’exprime absolument rien à travers son jeu et le ton de sa voix, tous deux spécialement plats, mais en plus, le personnage qu’elle joue est tout à fait détestable. Il s’agit d’une jeune étudiante en histoire de l’art à Paris qui décide du jour au lendemain de se marier, sans même avoir rencontré son futur mari. Son personnage est capricieux comme un enfant de trois ans, méchant aussi et finalement assez bête.

Le film narre donc ses tentatives de séduction sur Edmond, jeune avocat parisien ambitieux qui fait passer sa carrière avant tout (joué par Dussollier). Quant à lui, il n’est pas franchement bon (pas vraiment mauvais non plus) mais son personnage est tout autant désagréable car hypocrite et lâche. Il traite le personnage de Sabine de façon tout à fait odieuse en ne lui donnant aucune nouvelle et en refusant même de la recevoir alors qu’elle pensait qu’ils avaient un début de relation.

En ce qui concerne Arielle Dombasle, elle est assez sobre, et relève le niveau de ce film ennuyeux et sans grand intérêt.

Je parlais l’autre jour de Rohmer, qui avait réalisé un court pour la série « Paris vu par » de 1964. Ce sont pour l’instant ses deux seuls films que j’ai vu, et sûrement les derniers car aucun des deux ne m’a donné envie de fouiner un peu plus dans sa filmographie, et je doute maintenant qu’on puisse y trouver quelques perles que ce soient.

 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Film de fiction
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Lundi 29 août 2005



Il est un fait indéniable de nos jours, le cinéma asiatique est bien supérieur en qualité à notre cinéma occidental (européen et américain). Même les films d’action le confirment, en témoigne ce Breaking News, venu tout droit de Hong Kong. Il s’agit d’une vague critique contre l’influence des médias sur la population, prétexte à de nombreuses scènes d’explosions et de fusillades entre les bons et les méchants.

Certes, présenté de cette façon, on peut ne pas voir où se trouve la supériorité par rapport à un film américain de base. Cependant, le réalisateur Johnny To a eu l’ambition de faire de sa scène d’ouverture un moment que les spectateurs n’oublieraient pas de sitôt. En effet, il s’agit d’un long plan séquence de 6 minutes et 47 secondes ! Le cadreur est placé sur une grue et sa caméra sûrement sur un steadycam, puisqu’une fois au sol, il se balade dans la rue en toute souplesse où l’action prend place, entre les personnages. L’image n’est pas très stable quand la prise de vue est aérienne mais cela présente le net avantage de pouvoir aller fouiner dans les moindres recoins, comme observer la réunion des « méchants » dans leur appartement.

Lorsqu’ils en ressortent, la fusillade commence alors avec les policiers, l’histoire est lancée. La caméra prend alors plaisir à se placer tantôt du côté des flics, tantôt dans le camp des méchants pour suivre l’action au plus près.

On peut pourtant regretter que la fin de ce plan ne signifie pas la fin de la scène, ce qui aurait été assez logique. Cela est du sans doute aux besoins d’une explosion : le cut a lieu quand un des terroriste tire une roquette sur la police. J’aurais aimé voir durer ce plan jusqu’à la scène suivante, cela lui aurait donné une dimension d’autant plus grande.


ultime image du plan séquence


Et cut depuis l'autre côté de la rue

Je parlais l’autre jour de la fameuse grue de « The Terminal » sans laquelle le film n’aurait pas duré plus de dix minutes. Ici, cet outil n’est pas utilisé à outrance et la mise en scène de l’action qui s’y déroule (donc la préparation du seul plan d’ouverture) a du demander autant de temps à Johnny To et à son équipe qu’à Spielberg pour préparer une bonne cinquantaine de plans de son terminal, au bas mot. Ce ne sont pas tant les allées et venues des personnages qui sont complexes dans « Breaking News », mais le fait de devoir synchroniser les différentes saynètes qui ont lieu dans la rue pour qu’elles s’enchaînent naturellement et sans accroc devant l’objectif.

 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Film de fiction
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Dimanche 28 août 2005


Au début de ce mois d’août, je suis allé voir cette série de six court métrages représentant chacun un quartier de la ville. Le cinéma qui jouait (et joue toujours) le film est justement situé dans le Quartier Latin, décor du premier court, par Jean Douchet. Ce sont deux petites salles d’art et essai, décorées d’une manière bien originale, moulures et tableaux aux murs, ce qui change de la moquette murale noire et triste des cinémas plus récents.


Pour en revenir au film, on y trouve du très bon comme du très mauvais. Celui de Douchet, qui ouvre la danse, a un peu vieilli (ils ont tous été réalisés en 1964), surtout à cause de la voix-off, la sienne, dont la manière de narrer est assez ancrée dans l’époque (sa manière de prononcer « Bentley » est typiquement française !).
Vient ensuite le court de Jean Rouch, se déroulant dans le quartier de la gare du Nord. Un couple, nouveau propriétaire, se dispute à propos de l’acquisition récente de leur appartement, puis fini par se séparer (temporairement ?), quand la femme se rend à pied à son travail et rencontre un homme qui semble être dépourvu de tous les défauts qu’elle reprochait à son mari quelques minutes plus tôt... J’ai trouvé ce film vraiment bon dans la mesure où Rouch parvient à faire ressentir
à l’écran l’ambiance morose que dégage le quartier et les sentiments éprouvés par les personnages.
Le troisième court, réalisé par Jean-Daniel Pollet, seul réalisateur de cette série qui m’était inconnu, s’installe rue Saint-Denis, dans l’appartement d’un homme qui a engagé une prostituée. Le film raconte donc, avec beaucoup d’humour, la soirée entre les deux personnages, venus de province, qui évoquent avec nostalgie leur ville respective.
Puis Godard met en scène son histoire, entre Montparnasse et Levallois. Une jeune fille envoie en même temps, par erreur, une lettre à chacun de ses deux amants dans l’enveloppe adressée à l’autre. Elle essaie alors d’intercepter les lettres chez chacun d’entre eux en leur avouant qu’elle voulait rompre avec l’autre... Sans être exceptionnel, ce film est tout de même amusant quant arrive le dénouement de l’histoire.
Et arrive la catastrophe, celle d’Eric Rohmer, qui se déroule place de l’Etoile. Le seul film que j’ai vu de lui est « Le Beau Mariage », dont je parlerais peut-être dans un prochain article, et ne m’a franchement pas donné envie d’en voir d’autre. Celui-ci ne contredit pas ma crainte avec une histoire complètement bidon et des acteurs assez mauvais. Rohmer a même l’audace de mettre en scène un meurtre à coup de parapluie !
Puis le dernier film, de Chabrol, met en scène une famille bourgeoise et plutôt déstructurée du XVIème, dans le quartier de La Muette, à tel point que le fils est contraint de porter des boules Quiès pour ne plus subir les perpétuelles disputes de ses parents. Ce court n’est pas mauvais, mais l’action ne se déroule que dans la maison de famille, et montre donc uniquement la façon qu’ont de vivre ces parisiens, et non le quartier dans lequel ils évoluent.
Le fait d’être allé voir ce film m’a non seulement fait connaître un nouveau réalisateur (Jean-Daniel Pollet), mais surtout le cinéma lui-même qui joue en permanence des classiques de la Nouvelle Vague, et cela, à un prix très raisonnable pour un établissement qui se trouve à Saint-Germain-des-Prés (5,50 € pour les étudiants).


        Le Quartier Latin
        9 rue Champollion
        75005 PARIS

 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Court Métrage
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Samedi 27 août 2005


Jeudi dernier, la première chose que j’ai faite en me levant, et que j’attendais depuis longtemps, ce fut courir à la Fnac pour me procurer d’urgence le coffret Rois et Reine sortit le jour même. Dernier film d’Arnaud Desplechin, c’est aussi l’un des meilleurs. Comme d’habitude, Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos sont au rendez-vous, toujours excellents, dans les rôles principaux. Les thèmes abordés au cours du film, récurrents dans l’œuvre de Desplechin, la filiation (ou l’absence de filiation) parentale, la mort également, sont filmés d’une façon magnifique sous un nouveau jour : l’humour est en effet beaucoup plus présent que dans ses films précédent. Les nombreux cuts, au cœur même des séquences, pour rassembler les différentes prises de mêmes plans sont très efficaces, à la fois discrets et dynamisants.
Mais ce qui fait la force de ce film, outre le fait qu’il soit un savant mélange de burlesque et de dramatique, c’est le défilé d’un nombre impressionnant de personnages, tous plus excentriques et plus attachants les uns que les autres. Le film débute sur l’histoire de Nora (Emmanuelle Devos) qui est entrecoupée par des séquences de la vie d’Ismaël, un gentil fou. Sa première apparition nous apprend notamment qu’il « emmerde » ses contrôleurs des impôts, qu’il ne les paiera jamais, juste avant l’irruption de deux infirmiers en psychiatrie venus le chercher après qu’il ait ignoré trois avis de convocation à l’hôpital.




L’un des infirmiers, comme pour justifier sa présence, lui fait part de ce qu’il voit dans l’appartement : « Vous savez la corde avec un nœud coulant qui est accrochée dans le salon avec le tabouret en dessous » et Ismaël de lui répondre « Je suis pas suicidaire, d’accord ? Je comprend, vous voyez la corde, la chaise, donc vous faîtes l’association c’est humain, mais j’ai simplement besoin de savoir que je peux le faire, c’est juste une idée que j’ai besoin d’avoir ; du moment que je l’ai, je le ferais jamais. »



L’ambiance du film est déjà bien installée, et c’est un peu plus tard, lors d’une séance de groupe à l’hôpital, qu’Ismaël fera découvrir les joies du break dance aux autres pensionnaires. Tout cela sans compter les personnages hilarants que sont l’avocat « défoncé » qui n’a aucun scrupule à faire ses courses pour des besoins personnels douteux dans la pharmacie de l’hôpital, ou bien « La Chinoise », étudiante en Sinologie, qui en est à sa cinquième « TS », « des appels au secours », explique-t-elle à Ismaël. « Et alors, il y a quelqu’un qui vient ? » lui demande-t-il. « Pas trop... Mes parents, le Samu...» Je ne parle ici que du côté drôle du film (et encore, en n’en dévoilant qu’une toute petite partie) pour vous laisser découvrir le reste de l’histoire qui l’est moins, mais qui en fait au bout du compte un réel chef-d’œuvre.


Ismaël en train de "breaker"


Hippolyte Girardot, dans le rôle de Maître Mamanne
 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Film de fiction
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Vendredi 26 août 2005
En avril 2005, Les Cahiers du Cinéma fêtaient leur six centième numéro. Pour l'occasion, Kitano fut leur invité, et proposait un supplément tout à fait original au journal : à partir de 69 photos prises par ses soins, il demandait à plusieurs réalisateur d'en choisir 4 et de raconter une histoire avec elles. Par la suite, le site des Cahiers proposait à son tour aux internautes et cinéphiles de raconter leur(s) histoire(s). Une page regroupe donc toutes les histoires imaginées grâce aux photos de Kitano.





Je vous raconte donc mon histoire (que vous pouvez retrouver sur la page du site des Cahiers) :



Photo 12/ Ce soir-là, après avoir rempli un stade pour son nouveau concert, cette jeune idol tokyoïte se laisse porter par ses souvenirs qui resurgissent dans cette grande loge froide et vide.



Photo 11/ Avant de devenir célèbre, elle aimait se promener la nuit, seule dans la ville, admirer l'intense agitation qu'offre l'ancienne Edo, ses bruits, ses lumières, ses odeurs. Désormais, cela lui est impossible de sortir seule sans être dérangée à chaque coin de rue par ses nombreux fans.



Photo 42/ Une semaine auparavant, elle a discuté avec cet homme à la fin du concert. Lui voulait simplement la prendre en photo avec son téléphone portable. Elle aurait bien aimé que la conversation perdure afin de s'en faire un ami.



Photo 37/ Face à l'impossibilité de créer de nouvelles relations sincères et pérennes avec toutes les personnes qu'elle rencontre, cette jeune japonaise choisi finalement son nouveau lieu de promenade, qui restera le dernier.

 
Par Jerry Steiner - Publié dans : Presse
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